Le mardi 13 décembre 2005, l 'ambassadeur de France au Mali, Nicolas Normand, accompagné du Consul de France, a animé un point de presse sur les retombées du Sommet Afrique-France que notre pays vient d'organiser les 3 et 4 décembre courant. Le diplomate français a profité de l'occasion pour rappeler les efforts fournis par son pays au profit de nos compatriotes émigrants originaires de la région de Kayes.
La question de visas français était au centre de cette conférence de presse. A cette occasion, le consul général de France au Mali a parlé de l'application depuis lundi 12 décembre 2005 des nouvelles mesures de délivrance de visas préconisées par Jacques Chirac lors de ce Sommet de Bamako.
Depuis bientôt une décennie, la France dans le cadre du programme de co-développement a financé à hauteur de plus de 1,7 milliard Fcfa plus d'une trentaine de projets dans la 1ère Région. Dans le même cadre, une étude d'identification et de faisabilité en matière de formation professionnelle sera effectuée pour répondre à la demande des jeunes de cette région. Nicolas Normand a fait part du souhait des autorités françaises d'ouvrir un consulat de France à Kayes où, constate-t-il, vit une communauté française d'origine malienne. La création de ce consulat permettra à cette communauté de bénéficier des services consulaires sur place au lieu de se déplacer jusqu'à Bamako.
L'ambassadeur a clarifié le projet "visa de circulation". Ce projet permettra d'étendre la durée du visa de 1 à 4 voire 5 ans à entrées multiples pour certaines catégories de personnes (entrepreneurs, universitaires, chercheurs, artistes etc.) afin de faciliter la circulation à ces bénéficiaires qui se rendent légalement et régulièrement dans l'Hexagone. Des facilités seront accordées pour l'obtention de ces visas de circulation, leur renouvellement et la procédure d'attribution. Les demandeurs seront satisfaits en deux jours : un jour pour le dépôt et le lendemain pour le retrait du passeport. Beaucoup de temps gagné et les embarras, devant les guichets de l'ambassade, évités.
S. E. Normand a estimé que la liste de cette catégorie de gens n'est pas exhaustive. A ses dires, des visas de circulation seront délivrés à toute personne justifiant des raisons valables de voyager. Il s'est insurgé contre toute appréhension tendant à faire croire qu'il s'agit de mesures discriminatoires. "La mesure n'est pas discriminatoire, mais vise à faciliter la délivrance de visas. Le principe peut être discriminatoire et sélectif. La discrimination se fait surtout à l'égard des immigrants clandestins", a tranché M. Normand.
Pour le consul général, celui qui a la main à la pâte, son service va dans la pratique augmenter la durée des visas de circulation à un an. Pour des raisons matérielles, cette durée ne pourra pas excéder 4 ans au Mali pour la bonne raison que la validité du passeport malien est de 5 ans. Le consul général a ajouté que la mesure est déjà effective et qu'il a délivré le lundi dernier un visa de circulation d'un an à un homme d'affaires qui en voulait pour 4 mois. Selon lui, des dispositions sont prises pour simplifier la constitution des dossiers et un accueil privilégié sera réservé aux catégories socioprofessionnelles concernées.
Les mesures d'assouplissement ne concernent pas que les catégories de gens qui répondent aux critères de Chirac. "Nous avons le souci de penser à tous les demandeurs", a-t-il.
La simplification préconisée par le consul porte principalement sur l'installation d'un serveur vocal à partir de janvier prochain (le 1er ou le 6 janvier au plus tard). Ce qui va diviser par 2 le temps de demande et évitera en même temps les longues queues et bousculades devant le consulat. Le demandeur n'ira au consulat que pour déposer son dossier et n'y retournera que pour accomplir les formalités de délivrance
Parlant du co-développement, Nicolas Normand a expliqué que sa première phase prend fin cette année. L'AFD a prévu d'intervenir à hauteur de 9,8 milliards de Fcfa pour l'exécution de la seconde phase. Cette intervention qui doit faire l'objet d'un engagement financier dès 2006 va permettre la formation des enseignants (en français), l'appui à l'élaboration d'une politique pour le post-primaire, tout particulièrement dans le domaine de la formation professionnelle. Les besoins et les contraintes spécifiques de la région de Kayes en matière de formation seront pris en compte. L'AFD intervient depuis des années dans cette région autour de deux axes : le financement d'infrastructures et l'appui au programme d'hydraulique semi urbaine.
La 1ère Région abrite plus de 75 % des migrants, relèvera le diplomate français pour justifier la concentration des projets français dans cette région. Toutefois, la seconde phase du programme co-développement sera ouverte aux autres localités. Nicolas Normand a annoncé la décision des autorités françaises d'aider nos compatriotes qui acceptent de regagner le bercail à travers des projets d'insertion socioprofessionnelle.
Par Mohamed SACKO
Cellule Communication